Au cours des deux dernières décennies, les ventes de vêtements ont été multipliées par deux dans le monde. Cette accélération sans précédent de la consommation s’est accompagnée de répercussions écologiques devenues incompatibles avec les équilibres fragiles de notre planète. Aujourd’hui, le secteur de la mode – à lui seul – est tenu pour responsable de 8 à 10% des émissions carbone dans le monde. L’utilisation de produits chimiques, notamment pour la teinture des textiles, engendrerait jusqu’à 20% des pollutions industrielles des cours d’eau. Enfin, environ un tiers des microplastiques rejetés dans les océans proviendrait du lavage des textiles synthétiques…

La responsabilité en revient à un modèle économique qui repose sur une production intensive et encourage à la surconsommation. Ce modèle se traduit par une forte croissance des extractions et récoltes de fibres textiles vierges, la production accélérée et au plus bas coût de vêtements au détriment de l’environnement et de la qualité, un nombre d’utilisations de plus en plus réduit et enfin, à s’en débarrasser lorsque considéré hors d’usage ou plus au goût du jour. On estime que 75% des vêtements que nous avons portés finissent en décharge ou sont incinérés, alors même que l’immense majorité de ceux-ci aurait pu être réutilisée ou recyclée et donc connaitre une seconde vie.

Pour Lacoste, ce modèle linéaire – extraire, produire, consommer, jeter – n’est tout simplement pas durable. Notre entreprise a toujours défendu une autre façon de concevoir et consommer la mode. Nous sommes fiers de proposer à nos clients des produits intemporels et indémodables, avec une longue durée de vie.

Nous n’avons jamais transigé avec nos exigences de qualité pour que nos vêtements conservent, lavage après lavage, leurs caractéristiques originelles. Nous sommes restés fidèles aux matières naturelles qui représentent plus de 90% des matières textiles utilisées dans nos collections.

L’urgence environnementale qui s’impose à notre industrie nous pousse à aller encore plus loin et c’est tout le sens de notre démarche d’Elégance Durable. L’ambition est de montrer qu’il existe une voie permettant de concilier le plaisir de s’habiller avec le respect de l’environnement. Cette voie doit permettre à notre industrie de se réinventer et de dessiner un futur compatible avec les impératifs de notre temps. C’est pourquoi Lacoste est déterminé à donner vie à une mode embrassant les principes de l’économie circulaire. En 2020, nous sommes devenus l’un des partenaires de l’initiative « Make Fashion Circular » promue par la Fondation Ellen MacArthur. Notre adhésion à cette vision se matérialise autour d’une feuille de route ambitieuse portée par trois engagements à horizon 2025.

Notre priorité

élever nos produits vers l’excellence environnementale

Notre méthode

donner vie aux principes de la mode circulaire

Notre ambition

augmenter la durée de vie de nos produits, tout en diminuant leurs impacts de fabrication

Sommaire

Partie 3

s’engager pour l’excellence environnementale

  • Phase de production : réduire de 15% les impacts environnementaux des produits que nous vendons
  • Phase d’utilisation : doubler la durée de vie de l’ensemble de notre gamme de polos
  • Phase de fin de vie : donner une seconde vie à 100% de nos déchets textiles et invendus

Partie 1

Mesurer notre performance environnementale

Mesurer notre performance environnementale

1/2 

Analyses de cycle de vie

Adhésion au PEF

Il existe de réelles disparités méthodologiques pour les études environnementales produites dans notre secteur. C’est notamment le cas des analyses de cycle de vie (ACV). Ce manque d’harmonisation fait de l’interprétation et, a fortiori, de la comparaison des résultats de ces études un exercice particulièrement complexe.

Lacoste a rejoint en 2020 le secrétariat technique du PEF (Product Environmental Footprint) porté par la Commission Européenne. Nous y collaborons avec nos pairs et d’autres parties prenantes, à l’élaboration d’une méthodologie s’appuyant sur des définitions de critères et de modes de calcul applicables à l’ensemble de notre industrie. Ces travaux constitueront le socle indispensable au prochain affichage environnemental des produits en Europe. D’ores et déjà, Lacoste s’appuie sur les avancées des travaux du PEF pour aligner ses outils de mesure de ses performances environnementales.

Bilan environnemental Lacoste / Ecoact 

En 2019, Lacoste a mandaté ECOACT, un cabinet spécialisé dans l’analyse de cycle de vie (ACV), pour réaliser le premier bilan environnemental global de notre entreprise. Cette étude couvre nos trois principaux secteurs d’activité : le textile, la chaussure et la maroquinerie.

Sur la base des données 2019, les émissions de gaz à effet de serre de Lacoste s’élevaient à un peu plus de 720 000 tonnes d’équivalent CO2. Les consommations d’eau s’élèvent quant à elles à environ 18,2 millions de m3.

Les graphiques présentés ci-dessus montrent que l’activité textile représente non seulement 70% de l’eau consommée, mais aussi 73% des émissions de CO2 émises par Lacoste (Scope 1, 2 & 3). Elle constitue donc notre priorité et c’est sur ce périmètre que nous avons choisi de fixer nos premiers engagements à horizon 2025.

2/2 

"DECK" : un système global de consolidation environnementale

Les études d’analyse de cycle de vie, comme celle que nous avons réalisée, permettent d’obtenir une photographie de nos impacts à un instant donné.

Mais pour piloter en continu notre action, nous avons voulu nous doter d’un outil innovant, capable de compiler en temps réel nos performances environnementales. Dès la fin de l’année 2021, les données issues de nos différents systèmes d’information seront consolidées au sein d’un même outil, baptisé DECK.

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La plupart des études environnementales de notre industrie s’appuient sur des données génériques, issues de base de données sectorielles. Pour garantir des analyses reflétant au plus juste la réalité de nos opérations, nous souhaitons pouvoir alimenter principalement notre outil en données dites « primaires ». La traçabilité complète de notre chaîne d’approvisionnement nous permettra de récupérer auprès de tous nos fournisseurs les indicateurs de performances les plus pertinents en regard de leurs activités : consommation d’eau, stress hydrique, consommation et mix énergétique, création et gestion de déchets, utilisation de produits chimique, mesure de qualité des effluents d’eau, etc…). Toutes ces informations convergeront dans notre outil, où elles seront affectées en proportion des volumes respectifs de chaque fournisseur.

Cet outil basé sur la technologie développée par Glimpact est donc appelé à devenir le cœur du système de management environnemental imaginé par Lacoste. D’ici quelques mois, nos équipes seront en capacité de produire des analyses environnementales, que ce soit pour l’ensemble du périmètre Lacoste ou pour un secteur d’activité donné. Il sera possible de suivre l’évolution de nos indicateurs environnementaux et de valider ainsi l’efficacité des plans d’actions mis en place.

DECK aura aussi la capacité de produire des analyses de cycle de vie au niveau de n’importe quel produit textile de nos collections. Dès lors, Lacoste sera en mesure de distinguer parmi toutes ses références celles qui offrent les meilleures performances environnementales de celles dont la conception nécessite d’être revue. C’est sur cette base que nous travaillons à une définition Lacoste de produits « éco-performants ». Notre ambition est de pouvoir informer à court terme les choix de nos clients en leur apportant une information objective sur l’empreinte environnementale de chacun des produits que nous leur proposons.

Partie 2

Éco-concevoir nos collections

Éco-concevoir nos collections
Une grande partie des futures performances environnementales de nos produits se joue dès leur conception. La sélection des matières, les caractéristiques physiques des tissus, la complexité des assemblages des différentes pièces, le nombre et type de composants comme les boutons, zips, broderies… Autant de paramètres permettant d’orienter les choix des équipes vers les meilleures options.

 

L’éco-conception n’est pas une idée nouvelle chez Lacoste. Conformément aux engagements que nous avions pris dans le cadre du « Global Fashion Agenda », nous avons conçu des modules de formation destinés à l’ensemble de nos équipes Design et Produits. En 2020, ces formations ont été déployées auprès de l’intégralité de nos équipes produits et design, soit 120 collaborateurs dans le monde. L’ambition est d’enraciner au sein de nos équipes créatives une véritable culture environnementale, qui leur permette de se poser les bonnes questions très en amont du développement de nouveaux produits et de les orienter vers les choix les plus responsables.

Pour intégrer les principes de l’économie circulaire dès la phase de création, nos équipes ont mis au point trois indices d’écoconception :

  • L’indice Matières permet d’évaluer un futur produit en lui attribuant une note de A à E selon la nature et l’origine des fibres qui le composeront. En nous basant sur l’état de l’art des nomenclatures existantes et des publications, nous avons hiérarchisé toutes les matières textiles et accessoires que nous serions à même d’utiliser chez Lacoste. Ainsi, un produit fabriqué avec du polyester recyclé ou du coton biologique labellisé GOTS bénéficiera de meilleures notations qu’un autre fait à partir de polyester vierge ou de coton conventionnel.
  • L’indice de Durabilité s’intéresse également aux matières choisies, mais sous l’angle de leurs propriétés physiques. En sus, la robustesse des types de fils utilisés, les choix et techniques de coloration, les modes de façonnage ou les consignes d’entretien contribuent également à l’évaluation globale de la future durabilité du produit, notée de A à E.
  • L’indice de Recyclabilité cherche à quantifier de A à E la capacité d’un produit à être facilement recyclé en fin de vie. Les critères prennent en compte le nombre d’éléments composant un produit et la recyclabilité intrinsèque de ces différents éléments. Ainsi, plus un produit contient d’éléments hétérogènes et faiblement recyclables, plus sa note tendra vers le E. A l’inverse, notre polo iconique en 100% coton aura une note de A.
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Ces trois indices permettent d’évaluer a priori la pertinence environnementale d’un produit dans sa phase de développement. Ils sont complémentaires. En effet, certains choix de design peuvent s’avérer profitables à l’un des indices et, simultanément, en pénaliser un autre. Par exemple, l’utilisation de coton recyclé favorisera l’indice Matières, mais dégradera l’Indice de Durabilité du fait de la moindre longueur et solidité de ses fibres. De même un traitement appliqué sur un produit pour en renforcer la robustesse (Indice de Durabilité), peut complexifier son recyclage en fin de vie (Indice de Recyclabilité).

Appréhender très en amont ces réalités environnementales parfois contradictoires aide à faire les bons arbitrages. Chez Lacoste, nous ne voulons pas privilégier l’un ou l’autre ces trois indices. Des notes A ou B, qu’elles soient obtenues pour l’Indice Matières, de Durabilité ou de Recyclabilité traduisent toutes de véritables plus-values environnementales par rapport à la moyenne des produits mis sur le marché.

Nous chercherons à augmenter continuellement la proportion de produits bénéficiant d’une note élevée sur au moins l’un des indices d’éco-conception, tout en évitant des notations disqualificatrices sur les autres indices.

Dès la fin d’année 2021, nous fixerons à nos équipes Design et Produits des objectifs d’amélioration par collection, fondés sur nos trois indices d’éco-conception. Par cette démarche, nous voulons faire de nos collaborateurs chargés de dessiner nos nouvelles collections les premiers contributeurs de la transformation environnementale de l’entreprise.

Partie 3

S’engager pour l’excellence environnementale

S’engager pour l’excellence environnementale

 

La mise en place du système d’information et management environnemental de Lacoste décrit précédemment, nous permet aujourd’hui de nous projeter. Nous avons pour ambition d’élever l’excellence environnementale de nos produits en donnant vie aux principes de l’économie circulaire. En lien avec la vision « Make Fashion Circular » portée par la Fondation Ellen MacArthur, nous prenons aujourd’hui trois engagements à horizon 2025, rattachés à chacune des grandes phases du cycle de vie de nos produits

1/3 

Phase de production : réduire de 15% les impacts environnementaux par produit que nous vendons

Parmi les seize types d’impacts de la méthodologie PEF, nous en considérons quatre comme particulièrement pertinents en regard de nos activités :

  • Les consommations d’énergie non renouvelable ;
  • Les émissions de gaz à effet de serre ;
  • La demande en eau ;
  • L’eutrophisation des ressources en eau.

La phase de production s’étend depuis les champs où sont produites les fibres textiles que nous utilisons, jusqu’à la mise en rayon de nos produits (Rang 5 à Rang 0). C’est entre ces deux étapes que se joue la majorité des impacts environnementaux dans le cycle de vie complet de nos produits. Par exemple, 70% des émissions carbone et 92% de nos consommations d’eau surviennent avant même l’arrivée d’un vêtement en boutique. Toutefois, les quatre impacts suivis par Lacoste se répartissent très différemment parmi les différentes étapes nécessaires à l’élaboration de nos produits

Nous avons tiré de ce panorama plusieurs grands enseignements qui doivent nous permettre d’agir avec efficacité sur notre empreinte environnementale au cours des cinq prochaines années.

  • Le premier enseignement tient à l’approvisionnement en fibres textiles, leur mode de culture ou de fabrication (Rang 5). Le coton représente plus de 85% des fibres utilisées par Lacoste. Les pratiques et les localisations de la culture de notre coton constituent donc un axe fondamental pour agir à la réduction de nos impacts, au premier rang desquels la consommation d’eau.
  • Le second enseignement est le poids de la fabrication des tissus et tricots (rangs 3 & 2). En particulier, les techniques utilisées pour les process de teinture ou d’impression, le recours aux produits chimiques pour donner aux textiles les caractéristiques physiques souhaitées, déterminent une large part des consommations d’énergie, des émissions de CO2 et des impacts sur les ressources en eau de la phase de production.

Ce sont nos deux grandes priorités. Elles ne constituent pas pour autant les seuls leviers à activer pour optimiser les performances environnementales de notre chaîne d’approvisionnement. Nous traquons à chaque niveau tous les potentiels de minimisation de nos impacts : les transports et la logistique, le packaging, nos magasins sont autant d’autres points d’attention qui doivent tous contribuer à l’atteinte de notre objectif de réduction de nos impacts.

Enfin, nous avons voulu isoler les déchets et pertes de production dans l’analyse de notre empreinte. Celles-ci recouvrent notamment les chutes de coupes lors de l’étape de confection qui s’élèvent à 15% des matières textiles produites. Au regard de cette volumétrie, minimiser les pertes et surtout valoriser ces gisements constitue un autre axe fort de notre stratégie environnementale.

Notre feuille de route pour le coton et les fibres textiles 

Le coton

Le coton est notre matière phare. Il représente 85% des fibres textiles utilisées par Lacoste pour la confection de ses vêtements. La raison est simple : aucune autre matière n’offre les mêmes caractéristiques physiques. Sa douceur, sa souplesse, son pouvoir absorbant et isolant, sa facilité d’entretien confèrent aux vêtements faits en coton un confort incomparable. Le coton permet également une grande facilité de traitement de ses tissus ou tricots, notamment pour la teinture ou les impressions. Mais tous les cotons ne se valent pas. Lacoste utilise majoritairement un coton à fibres moyennes ou longues, qui confèrent une excellente résistance, gage de durabilité. Ce coton de haute qualité est aussi le plus rare.

Au-delà de ces qualités, le coton a aussi un coût. Il a un coût économique, bien sûr, comme pour la plupart des matières naturelles en regard des alternatives synthétiques, mais aussi un coût social. Chez Lacoste, nous n’ignorons bien sûr rien de ces enjeux. C’est la raison pour laquelle nous avons sécurisé nos approvisionnements en limitant strictement la provenance de notre coton à quatre pays d’origine : les Etats-Unis, l’Australie, le Pérou et la Turquie.

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Enfin, le coton a un coût environnemental. Les impacts liés à sa culture sont parfaitement documentés. Deux aspects sont particulièrement critiques : l’utilisation des ressources en eau et le recours aux intrants chimiques. Ces enjeux sont bien évidemment au cœur des préoccupations de Lacoste : 75% de l’eau nécessaire pour fabriquer nos vêtements est utilisée pour la culture du coton ; et un tiers de nos impacts sur l’eutrophisation des ressources d’eau douce est directement imputable à l’utilisation d’engrais ou de pesticides dans les champs où il est cultivé.

Augmenter la part de coton biologique dans nos approvisionnements – 5% à date – est à l’évidence l’un des moyens à privilégier pour répondre à nos objectifs environnementaux. Chez Lacoste, 100% du coton biologique que nous utilisons est :

Certifié GOTS (Global Organic Textile Standard), standard que nous considérons comme le plus exigeant et le plus robuste sur le sujet.
Provient exclusivement du Pérou et de la Turquie, pays interdisant la culture des coton OGM, ce qui limite fortement les risques de contamination de nos coton biologiques.
Fait l’objet de tests ADN pour garantir la non-utilisation d’OGM dans nos fibres biologiques.

En complément du coton biologique, nous travaillons à identifier des producteurs de coton ayant les meilleures pratiques environnementales. Pour ce faire, Lacoste souhaite prolonger sa logique de « nomination » au-delà des pays d’origine en descendant au niveau des coopératives ou des producteurs indépendants.

A l’image de ce qui a été mis en place pour nos partenaires industriels, nous souhaitons systématiser à terme la collecte d’indicateurs environnementaux auprès de nos producteurs de coton : mesure du stress hydrique, consommation d’eau et d’énergie, typologie et intensité d’utilisation des intrants chimiques…

La collecte de ces données « primaires » nous permettra d’agir de façon plus ciblée sur les performances environnementales du coton que nous utilisons. Elle permettra aussi de hiérarchiser nos fournisseurs selon une échelle d’évaluation équivalente à celle que nous avons mis en place auprès de nos partenaires industriels incluant les trois niveaux d’excellence Lacoste : « Silver », « Gold » et « Platinum ».

Les autres fibres textiles

Au-delà du coton, le département Recherche et Développement de Lacoste explore les potentiels d’autres matières végétales réputées à plus faible empreinte environnementale, comme le lin ou le chanvre.

Concernant les matières « animales » comme la laine, le duvet ou le cuir, Lacoste a sélectionné standards les plus exigeants .Nous prévoyons par exemple notamment d’atteindre un approvisionnement en laine provenant à 100% de fermes labellisées RWS (Responsible Wool Standard) ou de laine recyclée certifiée GRS comme alternative, en 2023.

En 2019, le polyester représentait 52% des fibres textiles utilisées dans le monde. Chez Lacoste, nous n’en utilisons que 11% dans nos collections. Les autres fibres synthétiques et artificielles interviennent de façon très marginale dans la composition de nos produits. Nous introduisons notamment des fibres de synthèse pour renforcer les qualités physiques de certaines matières et favoriser ainsi la longévité des produits. Déjà très peu utilisée par Lacoste, la viscose conventionnelle sera bannie à partir de la saison automne-hiver 2022, et sera remplacée par des matières plus responsables comme le lyocell ou le modal. Il demeure que ces matières, notamment celles dérivées des ressources hydrocarbures, sont désormais associées comme principale cause de la pollution en microplastiques des océans. Pour limiter l’apparition de ces microplastiques issus des fibres synthétiques, Lacoste va progressivement interdire l’utilisation du séchage machine sur ses produits, à horizon 2022. En conformité avec nos engagements pris dans le cadre du Fashion Pact pour la préservation des écosystèmes marins, il n’est donc pas question pour Lacoste d’augmenter la part des matières synthétiques dans ses collections.

LA PRÉSERVATION DE LA BIODIVERSITÉ

Lacoste participe activement aux travaux du Fashion Pact dans le cadre de son pilier biodiversité. La biodiversité constitue un champ d’intervention historique de Lacoste. Depuis que nous avons contribué pour la première fois à protéger des crocodiles capturés à Singapour en 1984, nous avons soutenu différents projets visant à préserver la biodiversité : études scientifiques protection d’espèces menacées, sensibilisation du public… Chaque fois que cela a été possible, nous avons utilisé la puissance de notre marque pour donner une résonnance forte cette cause qui nous est chère.


  • THE LION'S SHARE
  • UICN
  • EVERGLADES FOUNDATION
  • FDB

  • THE LION'S SHARE

    Nous sommes engagés depuis fin 2019 au sein de The Lion’s Share. Ce fonds initié par le Programme des Nations Unies pour le Développement invite les marques à lui verser un pourcentage des dépenses pour des publicités mettant en scène des animaux. L’objectif ? Financer la lutte pour la préservation de la biodiversité, préserver les animaux sauvages et leurs habitats, via des initiatives et des programmes de terrain.

    www.thelionssharefund.com
  • UICN

    Depuis 2018, nous mettons la puissance de notre Marque au service de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (l’UICN) pour mettre en lumière l’urgence que représente la préservation de la biodiversité. L’opération « Save Our Species » menée au sein de nos collections alerte et sensibilise à l’urgence de protéger des espèces animales en danger. Tous les bénéfices récoltés ont été reversés à l’UICN, pur financer des projets de préservation de ces espèces.

    www.saveourspecies.org
  • EVERGLADES FOUNDATION

    Aux côtés d’Everglades Foundation, nous œuvrons depuis 2012 à la mesure de la qualité de l’eau dans les Everglades en Floride aux Etats-Unis, en étudiant les schémas de migration des crocodiles et des alligators vivant dans cet écosystème naturel.

    www.evergladesfoundation.org
  • FDB

    Avec le Fonds de dotation français pour la biodiversité (FDB), nous avons mené six projets de préservation des crocodiliens, entre 2009 et 2014, au Népal, Colombie, Chine, Philippines, Niger, et en Guyane.

    www.saveyourlogo.org

Notre feuille de route pour les teintures et traitements de nos matières

Avec le coton, la fabrication des tissus et tricots et tout particulièrement leur ennoblissement (teinture, impression, traitements…) constitue notre seconde priorité d’ici à 2025. A lui seul, ce processus industriel est responsable de 50% des émissions de CO2, de 45% de l’utilisation d’énergie non renouvelable et de 43% des pollutions de l’eau liées à notre chaîne d’approvisionnement.

Nous travaillons avec nos partenaires pour optimiser continuellement les process en place. Cela commence par appliquer un cahier des charges strict, bannissant en particulier les produits les plus nocifs. La liste des substances interdites par Lacoste suit les recommandations de l’AFIRM Group. Nos usines partenaires, quelle que soit leur localisation géographique, sont également tenues de se conformer à la réglementation européenne REACH, le référentiel actuellement le plus exigeant au monde pour l’utilisation sécurisée des substances chimiques.

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Lacoste s’inscrit dans la démarche ZDHC (Zero Discharge of Hazardous Chemicals). L‘ambition de cette initiative est de limiter l’utilisation de substances chimiques préoccupantes et de préserver l’environnement local à proximité des zones de production liées à l’ennoblissement (teinture principalement). Dans cette optique, nous travaillons au déploiement en 2022 d’une MRSL (Manufacturing Restricted Substance List), pour bannir ou limiter chez l’ensemble de nos partenaires industriels l’utilisation de toute substance chimique jugée dangereuse ou néfaste pour l’environnement. La MRSL concerne, outre les substances chimiques intervenant dans le process de traitement des matières, toutes celles utilisées pour le nettoyage et l’entretien des équipements industriels.

Les audits environnementaux selon le standard ICS, qui inclut un chapitre entier sur la gestion des effluents et un autre sur l’utilisation sécurisée des produits chimiques, nous permettent de contrôler par des cabinets indépendants la conformité environnementale des usines de nos partenaires. L’intégralité des usines comportant des process de teinture ou d’impression ont fait l’objet d’un audit environnemental selon ce référentiel au moins une fois au cours des 24 derniers mois (ou d’une évaluation équivalente lorsque les circonstances ne le permettait pas, comme cela a pu être le cas au cours de l’année 2020). Ces mêmes usines sont également tenues de communiquer les paramètres chimiques et biologiques de leurs eaux usées dans le cadre de notre campagne annuelle de reporting environnemental.

Enfin, Lacoste teste et évalue en continu toutes les alternatives proposées par les teintures dites « naturelles ». Si certaines offrent des résultats prometteurs, peu d’entre-elles atteignent encore à ce jour des niveaux de tenue dans la durée des teintures chimiques.

Or, une couleur qui s’atténue au fil des lavages constitue l’un des tout premiers critères affectant la désirabilité à continuer de porter un vêtement pour nos clients. Substituer à grande échelle les teintures de synthèse par des teintures naturelles ne se ferait donc qu’au détriment de nos engagements de durabilité. Nous poursuivons nos recherches de teintures naturelles mais tout aussi résistantes.

Les autres impacts liés à la chaîne d'approvisionnement 

Réduire les consommations d’eau et d’énergie dans toutes les usines
Nous l’avons vu, la plus grande part de l’utilisation d’eau et d’énergie pour la fabrication de nos produits se situe dans nos champs de coton et nos usines de rang 2. Ce constat ne justifie pas pour autant une moindre maitrise de ces consommations pour nos filateurs, nos usines de tricotage et de tissage, nos fournisseurs de boutons, de zip ou de packaging, ou nos ateliers de confection. Le reporting annuel de ces indicateurs environnementaux s’applique donc à tous les partenaires de notre chaîne d’approvisionnement. Les performances en termes d’efficience eau et énergétique interviennent pour une bonne part dans le système d’évaluation de nos partenaires. Comme indiqué dans la partie « Communautés » , notre objectif d’ici à 2025 est que 100% de nos usines partenaires atteignent à minima le niveau d’excellence « Argent » défini par Lacoste. Partout où cela sera nécessaire, nous accompagnerons nos fournisseurs dans la mise en place de plans d’actions correctives.

Le transport
Notre organisation en plateformes régionales  limite les transports intercontinentaux à quelques références spécifiques de nos collections. Pour autant, nous cherchons à toujours améliorer les impacts liés à nos transports.

Les emballages et le plastique
Nous avons revu la conception des emballages donnés à nos clients en boutique. Depuis la collection Automne-Hiver 2020, tous les emballages en papier ou carton sont certifiés FSC et incluent 40% de papier recyclé. Nous utilisons également des encres écologiques et avons supprimé le pelliculage plastique de tous nos emballages pour en faciliter le recyclage. Les poignées de nos sacs sont désormais en papier, ce qui permet à nos emballages d’être recyclables à 100%.

2/3 

Phase d’utilisation : doubler la durée de vie de l’ensemble de notre gamme de polos

Un enjeu environnemental central 

Les impacts environnementaux engendrés par la production d’un vêtement doivent être regardés en fonction du nombre d’utilisations qu’aura ce même vêtement. Considérons la fabrication d’un polo. Supposons que depuis le champ où son coton est récolté jusqu’à sa mise en rayon en magasin, sa production et sa distribution requièrent l’utilisation de 350 litres d’eau et émettent l’équivalent de dix kilos de CO2. À l’évidence, ces chiffres ne seront pas interprétés de la même façon si la qualité de ce polo le destine à devenir hors d’usage après quelques utilisations ou si, à l’inverse, elle permet à son acheteur de le porter pendant plusieurs années. C’est ce que nous appelons, chez Lacoste, la valeur d’usage d’un produit.

La dégradation de cette valeur d’usage est au cœur des critiques qui dénoncent les évolutions de notre secteur. Dans sa publication de 2017, la fondation Ellen MacArthur estimait que le nombre d’utilisations par vêtement avait diminué en moyenne de 36% au cours des quinze années précédentes dans le monde. La faute en revient à la mise sur le marché massive de vêtements de qualité moindre et proposés à prix réduits.

Concevoir un vêtement qui dure, en préservant ses qualités lavage après lavage, a toujours constitué pour Lacoste le moyen le plus immédiat d’en réduire l’empreinte environnementale.

La durabilité au coeur de la démarche qualité de Lacoste 

Lacoste est fier que sa Marque ait toujours été associée à une image de haute qualité. Cette réputation est le fruit d’un savoir-faire historique que l’entreprise a eu soin d’entretenir au gré d’investissements importants et d’une exigence maintenue génération après génération.

En effet, nous avons :

  • Créé en 2017 une école de formation interne, la Manufacturing Academy, pour transmettre notre savoir-faire et accompagner nos équipes dans l’évolution des technologies et des métiers ;
  • Renforcé notre équipe Développement. Elle regroupe aujourd’hui des experts dédiés à l’innovation technique, aux produits, aux matières… Notamment, nous avons développé notre capacité à imaginer, mettre au point et réaliser des produits innovants grâce à des modélistes et des prototypistes ;
  • Enrichi constamment nos cahiers des charges qualité et moyens de contrôles pour aligner l’entreprise sur les plus hauts standards et pratiques du marché ;
  • Investi dans notre laboratoire interne. Ce laboratoire, basé à Troyes, teste nos produits finis et permet de disposer d’une vision globale de la qualité, avec des contrôles homogènes et tracés. Ce laboratoire vient d’obtenir la certification ISO 17 025 en avril 2021, couronnant ainsi le succès opérationnel de nos investissements. Cette maîtrise des données qualité est essentielle pour progresser constamment.

Cette recherche continue de l’excellence en matière de qualité est aussi le premier moteur de notre innovation produit. Avec un mot d’ordre constant : que nos produits durent toujours plus longtemps.

Mesurer la durabilité des produits 

Plus que jamais, il est primordial de pouvoir disposer d’un moyen d’évaluation objective de la durabilité physique des produits textiles. Par le passé, nous nous sommes appuyés sur les données collectées auprès de nos clients pour mieux appréhender leurs comportements, leurs pratiques d’entretien ou leur perception de la dégradation de la qualité. Lacoste a ainsi interrogé 3 000 de ses clients dans quatre pays (France, Angleterre, Etats-Unis et Corée du Sud). Cette étude nous a notamment permis de réévaluer le nombre de fois qu’un vêtement Lacoste est porté. Elle nous a aussi permis de quantifier le nombre de lavages après lesquels il demeure considéré comme utilisable par le consommateur, c’est-à-dire que celui-ci ne le considère pas dégradé par un trou, une couleur défraîchie ou toute autre forme d’usure.

Ce type d’études, si éclairantes soient-elles, repose néanmoins sur des ressentis trop subjectifs pour être unanimement considérées comme une mesure fiable. C’est pourquoi, à défaut d’autre méthodologie internationale reconnue, nous avons développé notre propre protocole de tests pour disposer d’un chiffrage objectif de la durabilité de nos produits.

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Nos équipes se sont non seulement appuyées sur les attendus des consommateurs, mais aussi sur les normes de qualité reconnues dans la profession et d’autres protocoles existants par ailleurs. Ainsi Lacoste a pu établir des seuils d’acceptabilité liés par exemple au rétrécissement d’un vêtement ou à l’atténuation des couleurs, doublés de tests visuels pour valider la non-dégradation de points de fragilité potentiels. Ce protocole nous permet de quantifier le nombre de cycles de lavage que le produit peut endurer en préservant des caractéristiques physiques suffisamment proches de celles qu’il avait au moment de son achat.

Fin 2020, nous avons demandé à Quantis, société mondialement reconnue pour la robustesse de ses méthodologies environnementales, de vérifier la validité de notre protocole de tests. Ayant reçu de leur part un avis favorable, nous avons investi dans notre laboratoire de Troyes pour être en mesure de systématiser ces tests pendant tout le processus de développement de nos nouvelles collections. Compte tenu de l’importance que revêt à nos yeux l’enjeu de durabilité pour notre industrie, nous avons souhaité que ce protocole puisse servir de méthode référente et soit librement accessible à tous. Elle est donc disponible en open-source.

Au premier trimestre 2021 nous avons mesuré sur la base de ce protocole la durabilité de l’ensemble de notre gamme de polos commercialisés en 2020. Pour notre polo iconique, le L12.12, elle s’établissait à 30 cycles de lavage (soit environ 2,5 années d’utilisation) sans dégradation significative de ses caractéristiques. C’est sur cette base que nous pouvons désormais nous fixer des objectifs d’amélioration de durée de vie de nos produits.

Doubler la durée de vie des produits 

Au cours des dernières années, le département Qualité de Lacoste a coordonné plusieurs groupes de travail pour passer au crible toutes les options technologiques et les formulations possibles pour optimiser la résistance du fil, la tenue des couleurs, la robustesse des coutures, des boutons ou de l’étiquetage. Un autre aspect fondamental pour maintenir la qualité des produits tient à ses conditions d’entretien. C’est pourquoi nos équipes développent des produits qui se lavent à basse température et sèchent facilement à l’air libre.

Une recherche aujourd’hui couronnée de succès : en travaillant sur cinq points de « fragilité » potentielle, nous avons ainsi prolongé la durée de vie de notre polo iconique, le L.12.12. Notre protocole de mesure de la durabilité nous l’a confirmé : une durabilité multipliée par deux par rapport aux modèles des collections précédentes.

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Dès 2022, l’ensemble de nos polos L.12.12, soient près de deux millions de pièces chaque année, bénéficieront de ces progrès. Mais nous ne comptons pas nous arrêter là. D’ores et déjà Lacoste travaille à identifier les axes d’amélioration pour porter la durabilité d’autres produits à un stade encore jamais atteint. Chaque produit Lacoste est unique dans sa conception, ses matières, ses processus industriels, son façonnage. Chaque produit est donc un projet différent. Notre laboratoire de Troyes passe déjà en revue de nouvelles références grâce au protocole de durabilité Lacoste pour identifier les actions correctives à mettre en place pour poursuivre notre ambition : doubler la durée de vie de l’ensemble de nos produits.

Avec d’ici 2025, un premier point de passage : que cette ambition devienne une réalité pour la totalité des polos Lacoste vendus dans le monde.

La durabilité "émotionnelle" l'autre savoir-faire de Lacoste

Lorsqu’on parle de durée de vie d’un vêtement, il n’est pas uniquement question du maintien de ses caractéristiques physiques dans le temps. L’attractivité émotionnelle du vêtement doit être maintenue dans l’esprit du client pour prolonger son désir de le porter. Un vêtement à la pointe des tendances du moment peut rapidement ne plus être au goût du jour et devenir démodé la saison suivante. Nous savons qu’un produit qui n’est plus désiré risque d’être remisé au fond des placards, voire d’être jeté, alors même qu’il n’est pas hors d’usage.

Pour éviter ce phénomène de lassitude et les effets de mode, le cœur des collections de Lacoste a toujours été constitué de produits intemporels, à l’image du célèbre polo L.12.12. Nous sommes très attentifs, lorsque nous travaillons sur une nouvelle collection saisonnière, à éviter de développer des créations qui se trouveraient trop rapidement datées.

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La ligne directrice est donc de développer des vêtements que nos clients auront envie de mettre et de remettre, qui se coordonnent facilement avec le reste de leur vestiaire. Des vêtements qui suscitent et entretiennent une relation presque affective avec leur propriétaire. C’est là une de nos principales fiertés : avoir su tisser génération après génération une désirabilité jamais démentie et fait de notre crocodile un signe de ralliement pour des communautés de clients toujours plus diversifiées dans le monde.

Enfin, même un produit Lacoste n’est pas à l’abri d’un accident : un bouton qui se détache, un accroc, une légère décoloration à force de lavages à trop haute température… C’est pourquoi nous étudions la mise en place de nouveaux services pour nos clients. Plusieurs expériences pilotes seront menées au cours des prochains mois pour proposer des services de réparation, de remise à neuf de nos produits, de personnalisation voire, de « recustomisation » complète. Autant d’initiatives qui n’ont qu’un seul but : prolonger toujours plus le plaisir de porter Lacoste.

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Phase de fin de vie : donner une seconde vie à 100% de nos déchets textiles et invendus

Troisième et dernier axe d’engagement de notre politique environnementale, la fin de vie de nos produits. Aujourd’hui, dans le monde, trois quarts des vêtements que nous avons portés finissent en décharge ou sont incinérés. Pire, beaucoup de ces articles auraient pu continuer à être portés ; et la plupart de ces vêtements que l’on ne désire plus auraient pu connaître une autre vie. Il s’agit à l’évidence d’un immense gâchis, tant d’un point de vue économique qu’écologique.

Changer cet état de fait est au cœur de la vision que Lacoste partage avec la Fondation Ellen MacArthur : donner vie aux principes de l’économie circulaire dans le secteur de l’habillement.

Ce changement de paradigme est un défi immense. Nous sommes conscients que Lacoste, seul, ne pourra pas apporter les changements systémiques nécessaires pour faire émerger une nouvelle réalité dans notre industrie. Mais nous souhaitons montrer, à notre échelle, qu’une nouvelle voie est non seulement possible, mais qu’elle est surtout pour notre secteur la condition indissociable de son succès économique sur le long terme. C’est ce que nous appelons, chez Lacoste la stratégie « Global Recycling ».

Notre première responsabilité : valoriser nos propres pertes textiles 

Avant même d’appréhender la fin de vie des produits Lacoste achetés, nous considérons qu’il est de notre première responsabilité d’assurer une fin de vie à toutes les matières textiles que nous avons produites sans qu’elles n’aient atteint nos clients : rouleaux de tissus non utilisés, chutes de coupe, produits ne passant pas les tests de qualité, invendus… En tout, ce sont quelques 1 668 tonnes de matières qu’il nous incombe en premier lieu de valoriser.

L’immense majorité de ce gisement tient aux pertes matières au moment de la confection. Ainsi, les chutes de coupe et les matières inutilisées représentent environ 15% de l’ensemble des tissus achetés par Lacoste. Nos équipes Produits et Design s’attachent continuellement à concevoir des modèles de coupe et des « patrons » capables d’optimiser l’utilisation des surfaces de tissus. Aujourd’hui, grâce à la modélisation informatique, nous avons atteint une efficience qui nous rapproche d’un niveau incompressible de chute matière, ne laissant entrevoir que des poches marginales d’amélioration dans les étapes de confection. Par ailleurs, pour réduire le volume des incourants (tissus inutilisés en fin de collection), nous travaillons de longue date avec nos partenaires à ajuster nos commandes pour les calibrer au plus juste des besoins de production.

La seconde source de perte tient, à un bien moindre niveau, aux produits finis qui ne satisfont pas aux exigences qualité de Lacoste pour être commercialisés. Il n’est évidemment pas question pour nous de transiger avec cet impératif en diminuant nos standards. Au contraire, chaque année nous renforçons encore un peu plus les attendus de notre cahier des charges auprès de nos partenaires. Aussi, pour réduire la part de produits défectueux, nous privilégions des partenaires pour lesquels la qualité de confection est placée au centre de leurs attentions. Avec eux, nous tissons une relation dans la durée fondée sur la collaboration, en entretenant entre nos équipes un dialogue permanent et en partageant notre savoir-faire via un support technique continu et des formations dédiées.

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Enfin, des actions sont en cours pour réduire les autres types de déchets textiles : prototypage 3D des produits en cours de mise en place, réduction du volume d’échantillons commerciaux (divisé par deux entre 2020 et 2021), déchets de fibres… Les invendus, quant à eux, ne représentent que 0,4% des produits fabriqués, une proportion très faible au regard des moyennes du secteur. Il s’agit de produits qui en fin de collection restent en stock dans nos entrepôts et nos boutiques.

Chez Lacoste, nous attachons un grand soin à améliorer chaque saison nos prévisions de ventes pour ajuster nos productions au plus près de la demande de nos clients. Surtout nous nous sommes déjà engagés à garantir « zéro destruction » pour ces produits qui n’ont pas trouvé preneur.

Mieux, nous voulons leur donner une seconde vie, en maximisant partout où cela est possible leur valorisation pour nous rapprocher d’une boucle fermée. Ainsi, nos polos en coton présentant quelques défauts ont été récupérés et recyclés pour fabriquer de nouvelles fibres. Celles-ci ont été mélangées à hauteur de 30% pour produire le fil servant à confectionner notre Loop Polo, commercialisé au début de l’année 2021.

Le Loop Polo montre la voie à suivre pour exploiter les quelques 1 668 tonnes de gisement de matières générées par nos opérations. Notre objectif est que 100% de celles-ci connaissent une seconde vie d’ici à 2025. Cela implique de renforcer encore plus notre collaboration avec nos partenaires, pour être en mesure d’assurer le recyclage de ces déchets. Cela suppose d’identifier ou mettre en place, partout où nous opérons, un suivi de ces flux de déchets et des filières de recyclage performantes pour maximiser la valorisation de ces ressources.

Toute la difficulté de la démarche tient à l’hétérogénéité des produits qui constituent ce gisement. Certains sont des restes de rouleaux de tissus, d’autres des chutes de coupes, d’autres des produits finis. Certains sont fait en 100% de coton, d’autres en laine, d’autre en polyester. Certains contiennent même un mélange de différentes fibres. Ces produits peuvent être teints dans une grande variété de couleurs, d’autres imprimés, d’autres brodés. À chaque configuration correspond un processus de recyclage adapté. Dans certains cas, des barrières technologiques peuvent rendre leur valorisation plus complexe ou impacter la qualité de la matière recyclée.

L’intégralité de ces gisements ne pourra pas être réutilisée en circuit fermé, c’est-à-dire pour fabriquer de nouveaux produits Lacoste. À chaque fois que cela sera techniquement et qualitativement possible, c’est la voie que nous privilégierons. À défaut, nous nous assurerons que ces matières soient recyclées pour refaire du fil utilisable par l’industrie textile, ou au pire, pour servir à d’autres applications industrielles comme l’isolation thermique ou le rembourrage de sièges.

Un département Recyclage, basé à Hong-Kong, travaille à temps plein à trouver la solution la plus pertinente pour chaque cas de figure et pour tous les contextes régionaux. Ils mènent cette tâche en lien étroit avec nos équipes de Recherche et Développement, des Achats, de la Qualité ou des Opérations. Ils conseillent également nos équipes Produits & Design pour concevoir des produits offrant une meilleure recyclabilité en fin de vie et ainsi, optimiser leur futur potentiel de valorisation (déchets de production de fil et de tissu). Enfin, le département Recyclage de Lacoste constitue un réseau mondial de partenaires techniques et d’industriels, pour viabiliser sur chacune de nos plateformes, des filières de recyclage et explorer le potentiel des technologies émergentes. Cela permettra de franchir une nouvelle étape en élargissant notre engagement à l’ensemble des pertes textiles dans les étapes amont de la supply chain : recycler les déchets de fabrication du fil ou du tissu notamment.

Incorporer plus de matières recyclées dans nos produits 

L’incorporation de matières recyclées constitue l’un des fondements de l’économie circulaire. Elle permet d’éviter la production ou la culture de nouvelles fibres textiles, et ce faisant, d’économiser les impacts environnementaux qui en auraient résulté. Cette solution vertueuse se heurte pourtant à plusieurs barrières qui en limitent encore la mise en œuvre à grande échelle.

Ces barrières peuvent d’abord être d’ordre technologique. Pour certaines fibres textiles, il n’existe pas de solution technique viabilisée, du moins à échelle industrielle. Pour d’autres fibres, les process de recyclage ne permettent pas toujours de récréer des propriétés physiques de qualité équivalente à celles des fibres d’origine.

L’incorporation de matières recyclées est aussi freinée par des barrières de marché. Insuffisamment de vêtements sont collectés pour être recyclés dans le monde. Cela réduit de facto le développement des capacités industrielles de recyclage et la disponibilité de matière textile recyclée sur le marché. Si bien que l’offre peine à répondre à la demande croissante des industriels et que le prix des fibres textiles issues du recyclage se montre souvent peu compétitif par rapport à celui de matériaux vierges. Les filières permettant cette évolution du secteur sont à construire collectivement.

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Le coton représente 85% des fibres textiles que nous utilisons. Chez Lacoste, incorporer de la matière recyclée dans nos vêtements signifie donc, avant tout, incorporer du coton dont les fibres sont raccourcies lors des opérations de recyclage. Pour autant, des tests effectués par notre laboratoire ont montré que nous pouvions intégrer jusqu’à 30% de coton recyclé, sans réduire nos exigences de qualité ou de durabilité.

Lacoste travaille à repousser constamment ce seuil. Nos experts collaborent avec des centres de recherches et des industriels pionniers pour augmenter la résistance des fibres faites à partir de coton recyclé ou désassembler des produits plus facilement sans en endommager les fibres. En attendant que ces technologies puissent être déployées à échelle industrielle, nos experts collaborent avec nos fournisseurs de coton recyclé dans le but d’optimiser les réglages des équipements de recyclage et améliorer ainsi toujours plus les qualités du coton recyclé.

Au-delà de la barrière technique, Lacoste travaille également à accroitre le gisement de coton à recycler. C’est pourquoi nous allons inciter nos clients à ramener dans nos points de vente tous les produits textile Lacoste dont ils souhaitent se séparer. Plusieurs expériences pilotes seront menées en 2021 dans différentes régions du monde pour tester ce dispositif. Avec une nouvelle promesse : tous les produits Lacoste ainsi collectés connaitront une seconde vie.